World Trade, la quête du sens

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QUOI

Une image mobile-fixe

La séquence est courte, tournée en plan fixe. Nous en reproduisons une image arrêtée. Son origine est, d’après les déclarations initiales, une caméra de surveillance. Il s’agit de l’attaque par des avions de ligne détournés des deux tours du World Trade Center à New York. L’impact initial a eu lieu à 8 h 52 (heure locale) le 11 septembre 2001. Ici, nous sommes après le premier impact. Une seconde séquence en plan fixe à 9 h 10 montre un avion allant s’écraser sur la deuxième tour. Ces séquences sont relayées sur les chaînes de télévision internationales et sur internet.

Ces images sont mobiles, mais agissent comme des images fixes. La première séquence (tour en feu) n’a de sens que grâce au commentaire. La seconde (avion allant s’écraser sur une tour) est simple, explicite, complétée par l’identification des lieux et protagonistes. La vue reste frontale. Il s’agit d’une signalétique. Elle passe en boucle, non seulement par absence d’images adjacentes, mais aussi à cause du résumé symbolique qu’elles contiennent, à l’instar de certaines photographies, des dessins de presse ou des logos.

Une chaîne d’images

02_onLe propre de cet événement consiste dans son étagement dans le temps, créant une chaîne d’images mobiles/fixes. En effet, la séquence mobile, ici résumée sur le site en plan fixe, n’est sémantiquement pas séparable de la séquence suivante où arrive le second avion, ni même du Pentagone en feu après son attaque à 9 h 47, puis les écroulements des deux tours à 10 h 03 et 10 h 35. L’aspect fictionnel vient de plusieurs facteurs : l’incrédulité dans un pays qui n’a jamais connu de guerre sur son sol (hors guerre civile), et dont les médias sont polarisés en interne sans réelle ouverture sur le monde, occupés d’un territoire-continent ; l’incrédulité aussi des spectateurs internationaux pour qui New York est un décor de film familier. Surtout, il vient, non pas des images elles-mêmes (pauvres, « brutes », typiques du registre des directs télévisuels consubstantiels de ce vecteur), mais de la succession de ces séquences, c’est à dire de la scénarisation des événements. Elle tranche totalement par rapport aux représentations anciennes d’attentats où seules les conséquences d’un dommage étaient visibles.