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  • Transporter. Quoi ? Ou ? Avec quelles énergies ?

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  • VOIR / NE PAS VOIR LES

    VOIR / NE PAS VOIR LES "HANDICAPS"

  • Exposition : Une petite histoire de la BD

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édito

Tout le monde décrypte !

Le lancement de la nouvelle formule de decryptimages.net doit être l’occasion d’une mise en perspective. Rappelons-le, lorsque ce site apparut en 2008 (lancé officiellement le 17 mars 2009), rassemblant les ressources de sites antérieurs créés depuis 2000 par l’Institut des Images (imagesmag, imageduc, primages), le mot « décrypter » n’était pas du tout à la mode. Nous avons eu de longs débats. La notion d’analyse nous semblait la bonne mais n’était pas très attirante (analysimages...). Nous nous sommes portés ainsi vers cette notion de décryptage, qui est le fait d’aller chercher le sens de ce qui est codé, crypté –quand il y a lieu...

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Les deux dernières couvertures du magazine américain Life - COMMENT

Index de l'article

COMMENT

Life, l’actualité en images

« Voir la vie ; voir le monde ; témoigner des grands événements ; observer la face du pauvre et les gestes du puissant ; voir les choses étranges : machines, armées, foules, ombres dans la jungle ou sur la lune ; voir le travail de l’homme, ses peintures, ses tours et ses inventions, voir des choses situées à des milliers de kilomètres ; les choses cachées derrière les murs des maisons et au cœur des foyers ; les choses dangereuses à approcher ; les femmes que les hommes aiment et les enfants qu’elles ont eus ; regarder et prendre plaisir à voir ; voir pour être surpris ; voir pour s’instruire »

Tel est le manifeste de Life que Henry Luce (1898-1967), le directeur de Time Magazine, lance le 23 novembre 1936. Comment accomplir ce projet ? En misant entièrement sur l’image, à une époque où le reportage photographique est rendu plus aisé grâce aux appareils 35 mm. Légers, maniables, polyvalents, ils permettent à la fois de saisir l’action en gros plan, et de se déplacer vivement d’un point à un autre sous différents plans à mesure que l’événement se déroule.

Contrairement aux habitudes de la presse dans les années 1930, la photographie n’illustre plus les articles mais commande tout le contenu. Chaque événement est reconstitué en partant des images : les textes ne sont rédigés qu’une fois les clichés sélectionnés. Rassemblées, les photographies ne doivent pas seulement informer ou susciter un choc émotionnel ; il leur faut raconter une histoire. L’idée d’un récit en images sur plusieurs pages, devenue classique aujourd’hui, ne l’était pas encore lorsque Life l’imposa aux magazines d’information.

Au fil des décennies, Life s’assure la collaboration des meilleurs professionnels (Margaret Bourke-White, Leonard Mc Combe, Robert Capa, Carl Mydans, Gordon Parks, Larry Burrows). Au début des années 1960, l’équipe des photographes de Life comptera jusqu’à 24 membres. Ils couvrent tous les sujets, américains ou internationaux, politiques, sociaux, culturels ou scientifiques, pourvu qu’ils soient valorisés par un cliché exceptionnel, alliant originalité et qualité technique.

L’image prise sur le vif est toujours privilégiée. Les clichés sur les théâtres d’opérations de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Corée ou de la guerre du Vietnam (avec les couvertures signées Larry Burrows) restent sans doute parmi les moments les plus forts de l’histoire du magazine.

 

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Symbole et témoignage de la révolution journalistique suscitée par Life, la couverture grand format est dominée par une photographie, en noir et blanc ou en couleurs, simplement soulignée par un titre ou une légende, et soigneusement mise en page.

Life, un modèle

Le succès est immédiat. Dès 1936, Life compte 1 million d’abonnés. Il est un modèle pour de nombreux magazines américains (Look, See, Photo, Picture, Focus…) et européens (comme Match, en France, fondé en 1938), qui adoptent ses principes et souvent sa présentation. Pour les professionnels, Life est une école du photojournalisme.

Au milieu des années 1950, son tirage passe le cap des 5 millions. Le sommet est atteint en 1968, alors que les photos sur la guerre du Vietnam peuplent ses unes, avec 8,5 millions d’exemplaires.

Mais, bientôt, notamment sous la pression de la télévision, la presse photographique s’essouffle. Après la disparition de Look (1971), Life est le dernier des grands magazines « historiques ». A son tour, il connaît des difficultés. Ne paraissant plus chaque semaine à partir de la fin de 1972, il passe officiellement à un rythme mensuel en 1978. Sans changer sa maquette (logo, photographie à la une, titres courts), il réduit son format : de 35 x 27, il passe bientôt à 27,5 x 23, à la manière des newsmagazines, comme Time (ou, en France, L’Express).
Au début de l’année 2000, les dirigeants de Time, auquel appartient toujours Life, décident sa disparition, malgré une vente d'encore 1,5 million d'exemplaires. L’annonce en est rendue publique le 17 mars. L’avant-dernier numéro, distribué le 10 avril, paraît normalement. Dans le tout dernier, en vente fin mai, les patrons du journal (Don Logan et Norman Pearlstine), mettent un point final à une aventure de 64 ans.