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édito

Tout le monde décrypte !

Le lancement de la nouvelle formule de decryptimages.net doit être l’occasion d’une mise en perspective. Rappelons-le, lorsque ce site apparut en 2008 (lancé officiellement le 17 mars 2009), rassemblant les ressources de sites antérieurs créés depuis 2000 par l’Institut des Images (imagesmag, imageduc, primages), le mot « décrypter » n’était pas du tout à la mode. Nous avons eu de longs débats. La notion d’analyse nous semblait la bonne mais n’était pas très attirante (analysimages...). Nous nous sommes portés ainsi vers cette notion de décryptage, qui est le fait d’aller chercher le sens de ce qui est codé, crypté –quand il y a lieu...

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Edgar P. Jacobs nazi ?

Index de l'article

 


QUOI

Sortir de la guerre pour parler encore de la guerre

La Poursuite fantastique – bande dessinée de Jacobs, volet du Secret de l’Espadon, saga parue dès 1946 en Belgique et deux ans plus tard en France, à raison d’une planche par semaine dans Le Journal de Tintin, puis structurée en trois tomes en 1984 – s’inspire de la Seconde Guerre mondiale, avec un conflit opposant les « Jaunes » du Tibétain Bassam-Damdu, archétype du dictateur-conquérant, aux Anglais et à leurs Alliés du Moyen-Orient.


COMMENT

Damned, Olrik est Rommel !

espadon espadon page intrieure

Qui l’eut cru ? Jacobs puisant son inspiration dans l’iconographie du IIIe Reich…

D’une part, une photographie en noir et blanc, représentant le feld-maréchal Rommel sur le mur de l’Atlantique, datée de mars 44, qui fait partie des archives de la propagande de la Wehrmacht ; de l’autre, une planche (page 44) centrée sur le Colonel Olrik, personnage récurent et maléfique des aventures de Blake et Mortimer.

L’analogie est frappante : postures, expressions, regards lointains… jusqu’à l’ombre de la casquette ou des casques sur les fronts ; des différences : traits du personnage surtout, uniformes, décorations, galons, armements, nationalités.

 


NOTRE ANALYSE

« Que guettent ces hommes à l’allure inquiétante ? » E.P Jacobs.

Là où Rommel cherche fébrilement à entrevoir une menace alliée, Olrik, sûr de l’emporter, attend cyniquement ses adversaires : Mortimer, Blake et Nasir, fuyant vers leur base.

Jacobs a-t-il cherché, au travers de Rommel, à valoriser Olrik ? Car « le renard du désert », aussi rusé qu’Olrik est retors, s’opposa à Hitler, en participant à l’opération Walkyrie, ce qui lui valut le suicide forcé. Toutefois, cette filiation visuelle indiscutable, bien qu’elle reprenne une image propagandiste, n’est pas, loin de là, synonyme de glorification du nazisme. D’autant plus qu’il semblerait que cette vignette soit le seul rapprochement de ces personnages qui ne se ressemblent d’ailleurs en rien de visage (François Rivière associe, lui, plutôt Olrik au fasciste anglais Oswald Mosley).

Jacobs, lui-même ulcéré par le « souvenir humiliant d’une défaite mal digérée », montre que la contre-plongée n’est pas toujours une valorisation ; au contraire, il souligne ici à quel point Olrik incarne l’orgueil et le Mal. Documentation n’est donc pas assimilation propagandiste, cela peut même être l’inverse : user des symboliques de ce que l’on dénonce pour planter le symbole du rejet absolu.