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  • Transporter. Quoi ? Ou ? Avec quelles énergies ?

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  • VOIR / NE PAS VOIR LES

    VOIR / NE PAS VOIR LES "HANDICAPS"

  • Exposition : Une petite histoire de la BD

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édito

Les pensées confettis

Nous vivons singulièrement deux périls opposés de façon simultanée : l’uniformisation et la parcellisation. L’uniformisation est constituée par la marchandisation de la planète, sa normalisation et sa standardisation : les mêmes produits de masse partout, les mêmes modes vestimentaires ou de pensée. La parcellisation est son pendant : chacune et chacun dans son coin ou replié sur sa communauté réelle et virtuelle.

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Publicité magazine pour le film Star Wars Episode 1 - NOTRE ANALYSE

Index de l'article

NOTRE ANALYSE

Le Bien contre le Mal

Cette publicité joue sur un ressort simple ancré dans la religion chrétienne : le héros de Dieu contre le diable maléfique ; elle oppose le blanc (symbole de pureté en Occident) contre le rouge (incendie, sang, destruction) et le noir (deuil) face à l’épée dressée vers le ciel (vers Dieu) est figuré le signe “-” d’une arme double (tel un double jeu hypocrite).

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Comment le chevalier blanc descend de son cheval

Le “chevalier blanc” s’inspire du Ivanhoé de Richard Thorpe (1952) ou du feuilleton télévisé avec Roger Moore dans les années soixante.

Il utilise le blanc (sainteté et noblesse dans l’Occident chrétien) avec le marron de la terre et lueurs vertes (nature, écologie aujourd’hui) de l’épée. Le héros de Dieu et de la nature, le chevalier écologiste défend le Bien.
Il est sans masque, à visage découvert (le juste, homme de la vérité nue). Il est le sage (blanc, couleur de la sagesse, et barbe).

Il avance à pied. Mais comment le chevalier a-t-il quitté son cheval ? Au Moyen-Âge, le chevalier chevauchait avec sa lance ou son épée. Au XIXe siècle, dans l’imagerie, il descend souvent de son destrier pour combattre d’homme à homme contre la multitude. Seul contre tous. C’est bien cette figure que reprennent les films et les bandes dessinées des héros des années 1930.

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Un diable de théâtre japonais

Il est en noir et rouge (mort, sang et incendies) comme les diables de l’Occident chrétien inventés en images au Moyen Age, par opposition à la Chine où le rouge est la couleur de la fête et du plaisir et le blanc celle du deuil.

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Le visage peint est cependant nettement inspiré du théâtre japonais et de la "manga", bandes dessinées ou jeux vidéos avec "méchants" grimaçants. La figure peinte le masque, le dissimule.

Toujours le triomphe de l’homme blanc

Le chevalier, en descendant de son cheval, a perdu sa dimension du “seigneur” dominant pour prendre celle du “juste”. C’est bien au moment des totalitarismes dans les années trente, que le super-héros à pied s’est imposé. Militant exemplaire, aussi exemplaire que le chef, il est à l’avant-garde des combats.

Le méchant est un Asiatique grimaçant. Est-ce l’effet d’une crainte pour Hollywood de l’invasion à travers le Pacifique des Japonais, dans un nouveau Pearl Harbor ?

Le “bon” reste l’homme blanc, “homme” (et non femme) et “blanc” (pas “noir”, par exemple).

Les mots doubles

Ce sont des non-slogans (le produit “star wars” est en petit après l’accroche) d’ordre générique et philosophique.

Ils perturbent la lecture des images (le bon contre le méchant) puisque sont associées des terminologies positives (“une vérité", “un maître") et négatives (“une haine”, “un rebelle”) pour chaque personnage.

Ils introduisent l’ambivalence, l’aspect Janus, la gémellité, le double, le doute, donc l’intrigue, le suspense (la vérité est aussi une haine, le maître est aussi un rebelle). Cela est corroboré par les couleurs de fond inversées (bleu-ciel pour le diable et noir pour le héros) et la disposition des mots en diagonale symétrique comme sur une carte à jouer (tarots).

Les mots anglais viennent d’une diffusion massive, notamment grâce au cinéma, de la culture américaine dans le monde. Cette diffusion a vraiment commencé avec la Première Guerre mondiale.

La traduction (“la guerre des étoiles”) donne une inversion des pluriels (wars = guerres, star = étoile). L’utilisation du titre anglais permet d’insister sur l’ambiguité du mot “star” (désignant aussi les vedettes du cinéma) et le pluriel de “wars” appuyant sur des guerres multiples propres à une saga galactique.

La série est starifiée et l’exotisme devient celui d’un espace (comme internet) complexe à actions multiples sur des planètes adjacentes et non plus centré en un lieu : nous n’apercevons qu’un résumé des guerres à l’oeuvre dans un temps et un espace flottants.

Des références

Livre

Michel Pastoureau, Dictionnaire des couleurs de notre temps, Paris, Bonneton, 1992

George L. Mosse, The Image of Man. The Creation of Modern Masculinity, Oxford University Press, 1996

Site

www.starwars.com/movies/episode-i